💌 Carte postale
Et si quelques mots griffonnés valaient plus que n’importe quel message digital ?
Olà ! Tudo bem ?
J’espère que vous avez passé un bel été ! De mon côté, je reviens en grande forme… et motivée pour une nouvelle saison de Komando !
Aujourd’hui, période estivale oblige, j’avais envie de vous parler… de cartes postales. Car, oui, à l’heure où on s’écrit en continu par SMS et où on documente en temps réel nos moindres faits et gestes en stories Instagram, ce petit bout de carton reprend pour moi toute sa valeur. La carte postale, c’est l’éloge du temps long. C’est prendre le temps (et la peine) d’écrire. C’est ne jamais savoir quand la missive arrivera. C’est aussi le sentiment grisant de pouvoir écrire à n’importe qui (car autant on peut zapper un mail, autant un objet physique peut difficilement être ignoré…). Alors, une fois n’est pas coutume, j’ai envoyé depuis Rio quelques cartes postales mystères à des personnes qui ne s’y attendaient pas mais qui, d’une manière ou d’une autre, m’ont marquée ces derniers mois…
Et je ne suis pas la seule à reprendre goût à ce type d’attentions : le média les Others a justement lui aussi fait un petit éloge des cartes postales que j’ai trouvé très cool (« et si quelques mots griffonnés valaient plus que n’importe quel message digital »), avant de dénicher 15 (vraies) cartes postales avec le collectionneur Thibault Hollebecq (du génial compte Instagram @ici_il_fait_beau qui chine et partage des cartes postales d'inconnus pendant les Trente glorieuses ).
On l’oublie aussi mais la carte postale est aussi très utilisée dans les restos, notamment aux US, avec l’addition. Le but ? Que les clients puissent écrire à des proches pour leur recommander le lieu. Et ce, aux frais du restaurateur. Dans les faits, peu de clients osent écrire et envoyer ces cartes (notamment car ils ne savent pas que le restaurateur prend en charge l’envoi) mais je trouve l’idée originale et elle mériterait d’être reprise par un resto en France, à condition d’avoir un graphisme qui dépasse seulement une photo du lieu. Personne ne veut envoyer une carte d’un resto, mais en revanche, si elle reflète un territoire, si elle fait voyager, cela prend tout son sens…
Place désormais au numéro de rentrée qui, pour vous récompenser de votre patience pendant l’été, sera comme toujours un peu plus dodu que d’habitude.
Sur ce, bonne lecture !
🫡 Kéliane — Mail / Instagram / Linkedin
PS : j’ai aussi une seconde newsletter, plus perso’, Sans Filtre, façon journal de bord, qui va reprendre du service dans quelques jours pour vous raconter les coulisses de Komando, des coups de gueule ou coups de coeur, des réflexions, des side projects etc.
Comment Wimbledon a eu l’idée de filmer non plus les joueurs… mais les spectateurs
En résumé — C’est contre-intuitif mais le célèbre tournoi de tennis ne partage pas que des vidéos des joueurs ou des extraits de matchs sur Instagram : elle a un nouveau format signature « Overheard » (= Entendu à…). Le concept ? On se retrouve à écouter les conversations de spectateurs commentant les matchs, avec bien sûr toujours les extraits les plus croustillants. Et le format cartonne : 8,9 millions de vues, 500k likes.
Pourquoi c’est intéressant — Vous vous demandez probablement comment le mettre en place. Eh bien c’est simple : l’équipe de Wimbledon repère des spectateurs qui ont l’air en pleine conversation, ils leur demandent l’autorisation de les filmer et de les équiper d’un petit micro-cravate en leur disant de continuer à discuter de manière naturelle, sans être sûrs qu’ils exploiteront leurs images, et ils les filment à distance. Et la clé, c’est tout simplement qu’ils les filment pendant 20 minutes à chaque fois, pour éviter qu’ils ne soient trop tétanisés et coincés au départ… et surtout qu’ils finissent par oublier qu’ils ont le micro.
Et si… — On pourrait imaginer plein de déclinaisons possibles en proposant à des visiteurs de leur mettre des micros et en filmant leurs échanges quand ils déambulent sur un salon ou évènement (coucou Vivatech), regardent un défilé pendant la Fashion Week, dînent dans un resto, regardent une émission ou se baladent au BHV ou dans une expo.
Pour aller plus loin — La chaîne britannique Chanel 4 a un concept similaire, Gogglebox : elle filme des téléspectateurs chez eux, dans leurs canap’, qui partagent leurs critiques des meilleurs moments télé de la semaine.
→ Voir un exemple d’un Overheard at Wimbledon
Et si, en 2050, les seuls endroits où l’on trouvait encore du plastique à usage unique… c’était au musée ?
En résumé — La startup de produits rechargeables 900care interpelle Michel-Edouard Leclerc avec un mini-film humoristique réalisé grâce à l’IA. Le pitch ? Un groupe d’enfants en sortie scolaire découvrant avec perplexité des objets du passé : des flacons en plastique jetables. L’objectif ? Convaincre Leclerc de faire entrer ses produits, rechargeables dans des flacons réutilisables, dans les rayons.
Pourquoi c’est intéressant — La startup a eu la bonne idée d’appeler les internautes à commenter pour interpeller Michel-Edouard Leclerc et le convaincre de prendre un café avec les 2 cofondateurs (bingo, c’est remonté jusqu’au clavier du CEO). Aussi malin pour créer une aventure collective mais aussi en termes de visibilité, puisque l’algorithme de Linkedin valorise particulièrement les commentaires, qui boostent la visibilité des posts.
Expliquer un partenariat face cam’ en vlog
En résumé — Back Market se lance cette année sur le terrain du sport en sponsorisant son premier athlète, Baptiste Chassagne, la figure montante de l’ultra-trail français. Et la startup a eu la bonne idée de le documenter face cam’, en allant voir le sportif chez lui, à Combloux, pendant 2 jours, à la fois pour travailler sur le plan de com’ du partenariat et, surtout, apprendre à le connaître.
Pourquoi c’est intéressant — Parce que le format est brut, simplement filmé à l’iPhone par le dircom et la DG, sans prise de tête. On embarque dans les coulisses d’un partenariat où la marque prend le temps d’expliquer face cam’ sa vision d’une collab’ réussie et qui ait du sens avec son ADN. Bref, c’est humain, sans filtre… et donc ça fonctionne !
Un taxi avec un bras qui sort du coffre…
En résumé — En 1999, pour le lancement de la série Les Sopranos, HBO a déployé une série de taxis dans New York… avec un faux bras sortant du coffre. De quoi attirer l’attention des passants, dont certains prenaient des photos, intrigués, quand d’autres ont même appelé la police.
Pourquoi c’est intéressant — Parce que reprendre les codes d’un meurtre mafieux fait sens avec l’objet même de la série : le cadre est posé ! Et parce qu’on n’était même pas encore à l’ère des réseaux sociaux : imaginez aujourd’hui à quel point la campagne aurait pu être virale.
Des cartes postales pour rappeler que les inégalités ne prennent pas de vacances
En résumé — Pour les jeunes de milieu populaire, l'été ne rime pas forcément avec farniente, mais plutôt avec galères (job d'été, recherche de logement, révisions intensives, etc.). Malgré le ralentissement économique estival, les inégalités, elles, ne prennent pas de vacances. Alors tout l’été, pour sensibiliser les décideurs - qu’ils soient politiques, économiques ou médiatiques, l’association Article 1, qui lutte contre les inégalités sociales et vient en aide aux jeunes de milieu populaire de 16 à 25 ans, a décidé de leur envoyer des cartes postales un peu décalées, écrites de la main de leurs jeunes, racontant à chaque fois une (vraie) situation, accompagnée d'un courrier explicatif.
Pourquoi c’est intéressant — Le but ? Mettre en évidence la réalité des vacances d'été pour les jeunes étudiants de milieu populaire, inviter les décideurs à rencontrer l’asso et, surtout, à s'engager à leurs côtés.
→ Voir les cartes postales en question
La com’ de crise version Astronomer
En résumé — Vous l’avez probablement suivi cet été : Andy Byron, le CEO de la startup américaine de data Astronomer, pris en flagrant délit d’adultère lors d’un concert de Coldplay par une kiss cam et contraint de démissionner… De quoi affecter la réputation de la marque. Sauf que celle-ci a décidé de rebondir et retourner le bad buzz à son avantage. Elle a fait appel à l’actrice et ancienne compagne du chanteur de Coldplay Gwyneth Paltrow, mise en scène comme porte-parole temporaire de la marque, dans une vidéo décalée. L’actrice se prête à un faux questions/réponses tronqué où, à chaque fois, elle ramène le sujet à des thèmes très sérieux.
Pourquoi c’est intéressant — Parce que beaucoup de marques se seraient contentées de se murer dans le silence ou de faire des excuses publiques. La stratégie de retourner la situation pour ramener les discussions sur son expertise et redorer son image est audacieuse - et culturellement plus facile à faire aux US qu’en France - mais à mon avis payante. Seul bémol malgré tout : quitte à être réactifs et à mettre autant de moyens, ils auraient pu tirer le fil plus loin et mieux vendre leur service.
Bonus — La meilleure page LinkedIn ever
Ça s’appelle Est-ce que ça valait vraiment un post Linkedin ? La personne derrière ce compte s’est lancée dans une (noble) bataille anti-bullshit et s’amuse à simplement aller tacler dans les commentaires ces posts clickbaits, à coups de « OK Mandela » et autres scuds. C’est savoureux.
C'EST PEUT-ÊTRE UN DÉTAIL POUR VOUS MAIS...
☎️ So call me maybe — Léna Situations a placardé des affiches pour son podcast, Canapé 6 places, dans Paris. Le storytelling ? Elle aurait perdu son canapé et on pourrait l’aider en laissant des messages sur le numéro… On me dit dans l’oreillette que le reveal de l’opé est prévu pour la rentrée…
✉️ Il était une fois une enveloppe bleue… — C’est assez rare pour être souligné : Mercedes Erra, la fondatrice de l’agence BETC, a pris la parole sur Linkedin avec un post très personnel — loin du bullshit narcissique si courant sur la plateforme — pour expliquer comment un (banal) test de dépistage du cancer colorectal grâce à un kit envoyé par la Sécu lui a permis de détecter en juin un cancer du colon à un stade heureusement précoce qui lui a permis de le traiter. Et la dirigeante en profite, donc, pour rappeler l’importance de la prévention. Un bon modèle de com’ de CEO.
💬 Dis-moi ce que tu aimes lire, je te donnerais ton prochain livre de chevet — J’en rêvais et elle l’a (bientôt) fait : la présidente de librairie parisienne l’Ecume des pages lance un projet très cool, Devina AI, un moteur de recommandation littéraire conversationnel nourri par l’intelligence artificielle pour proposer en quelques secondes une sélection personnalisée de livres en fonction de son humeur et ses goûts.
📈 Loi Duplomb : comment des influenceurs ont allumé (et entretenu) la mèche pour rendre la pétition virale — C’est LE sujet qui monopolisé le débat public en juillet... mais, disclaimer, je vais ici vous parler uniquement de la mécanique de com’ et ne pas rentrer sur le fond, qui demande, lui, un peu plus de nuance et de réflexion que ce que j’ai pu lire… Si la pétition est devenue virale en quelques jours, c’est grâce au relai par des influenceurs et personnalités grand public/lifestyle, habituellement éloignés des discussions politiques. Le décryptage par Politico de cette stratégie mérite le coup d’oeil.
📚 Le bilan de la Billyothèque — Dans le dernier numéro avant les vacances, je vous parlais de l’opé à venir d’IKEA qui a installé pendant l’été la plus grande bibliothèque partagée à ciel ouvert au pied de la BNF : eh bien voilà à quoi cela ressemblait !
🎁 Tous les matins, un extrait de livre — La maison d’édition Proche lance une newsletter éphémère pendant le mois de septembre. Le principe ? Chaque matin dans votre boîte mail une pause de 3 minutes à lire, avec un extrait poignant, percutant, drôle ou bouleversant d’un livre. Pour que vos bonnes résolutions de lectures estivales ne s’envolent pas avec la rentrée. Je trouve l’idée très sympa (et réplicable à d’autres domaines qu’on a tendance à négliger en reprenant le rythme de la rentrée, la cuisine ou le sport par exemple!)… surtout si les livres qui seront recommandés dépassent ceux de cette seule maison d’édition.
🫡 24h dans la vie de… — C’est le nouveau format de brand content lancé par Gaspard G et César Roussel pour raconter des métiers façon immersion le temps d’une journée. L’objectif ? Surfer sur un concept éditorial qui a fait ses preuves (inspiré - entre autres - d’une YouTubeuse américaine, Michelle Khare) et répondre au problème des boîtes de savoir comment communiquer de manière originale sur leur marque employeur.
😮💨 Débranchage — Violette Dorange, la benjamine du Vendée Globe, a pris la parole fin juillet sur son overdose des réseaux sociaux et la pression mentale de cette « course aux likes ». Pas anodin à mon sens que de plus en plus de personnalités abordent le sujet. Et elle n’est visiblement pas la seule à le ressentir : son post a déclenché plus de 76 000 likes (doux paradoxe révélateur du syndrome de Stockholm qu’on subit tous…) pour près de 640 000 abonnés qui la suivent, soit un gros taux d’engagement.
🤳 3 semaines à raconter le Tour de France en vidéo — Que mangent les coureurs du Tour de France au dîner ? Comment sont préparés les maillots chaque soir ? Le journaliste qui a couvert le TdF pour le compte Instagram et TikTok de l’Equipe fait le bilan de la stratégie du média sur les réseaux sociaux (spoiler : 1 vidéo par jour, 2M de vues cumulées e, moyenne par vidéo).
🎈 La vasque olympique en support de com’ — Sacré coup (et visibilité !) d’Amnesty International pour les 1 an des JO.
📵 La listening party de Tyler the creator — Pour dévoiler son nouvel album “DON’T TAP THE GLASS”, Tyler The Creator a organisé une listening party avec 300 invités. La particularité ? Une soirée sans téléphone, sans caméra (bon, il y a quand même quelques vidéos qui circulent). L’artiste la qualifie comme “l’une des plus belles nuits de sa vie”. Ce genre d’évènements très exclusifs, très expérientiels a toutes les chances de se multiplier et fait davantage de bruit qu’un lancement public. Parce qu’il faut y être pour le vivre. Parce que cela force à être pleinement présent et à profiter de la musique.
🍴 Un menu de 22,13 mètres — Un créatif s’est amusé à recenser toute l’offre de restauration proposée sur Uber Eats autour de lui sous forme d’un ticket de caisse sans fin de plus de 22 mètres. Le but ? Montrer l’absurdité de cette surabondance de choix devenue la norme de nos nouveaux modes de consommation.
🗞️ Le retour des crieurs de rue — Je trouve ça particulièrement malin d’avoir un format imprimé et d’aller en faire la promo façon crieur de rue du siècle dernier : c’est la bonne idée du collectif Le Bruit qui court pour que l’information reprenne place dans la rue avec une gazette distribuée à la criée. Comme l’explique Médianes, c’est « une stratégie joyeuse et incarnée pour faire circuler idées et revendications, une manière de toucher de nouveaux publics, loin des écrans ».
C’est tout pour aujourd’hui ! On se donne rendez-vous mardi 9 septembre pour le prochain numéro !
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Les cartes postales n'ont pas d'égal ! Merci pour toutes ces découvertes à creuser, et vivement le 9 👀