Pause.
Et si on était arrivés à l’overdose de contenus à force d’être sur-sollicités et sur-stimulés en permanence ?
Bien le bonjour,
J’espère que vous allez bien ! De mon côté, je poursuis mon périple en Thaïlande, entre télétravail et déconnexion. Et une question me taraude : et si on était arrivés à l’overdose de contenus ? Et si on était repus à force d’être sur-sollicités et sur-stimulés en permanence ? C’est notamment le thème d’un article du Monde qui explique que de plus en plus de jeunes regardent des vidéos ou écoutent des podcasts en accéléré (x1,5 ou x2)… pour consommer davantage de contenus en moins de temps.
Je ressens aussi cette avalanche de contenus, notamment pour ma veille, cette lessiveuse permanente qui nous génère de la dopamine quand on déniche - enfin, entre 95% de choses dont je pourrais me passer - un format intéressant ou une adresse à tester qu’on rajoute à nos 345 posts sauvegardés sur Instagram. Et, par moment, j’ai envie de mettre sur pause. De reprendre le temps de consommer du contenu long (et de lire, sur papier). De se libérer du sentiment de FOMO et d’accepter de passer à côté de choses. Parfois, couper le flux peut s’avérer salutaire. Et c’est aussi à ça que sert la curation et les newsletters : apprendre à consommer différemment l’info, moins et mieux.
Sur ce, bonne lecture !
PS : j’en profite pour vous conseiller Beau Voyage, une newsletter gratuite qui, tous les mardis, vous partage 5 pépites : le spot où poser ses valises, le restaurant qui vaut le détour, la réflexion qui fait voyager, l’objet qui donne envie de partir et le kiff qui fait rêver.
La présidente mexicaine qui anime une matinale tous les jours sur sa chaîne YouTube
En résumé — Tous les matins, du lundi au vendredi, à 7h30, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum anime la « Mañanera del Pueblo » (« matinale du peuple »), une conférence de presse d’un peu plus d’1h30 en direct diffusée sur sa chaîne YouTube personnelle (1,28 million d’abonnés) mais aussi sur toutes les grandes chaînes du pays. Son audience totale ? Près de 20 millions de Mexicains (!). Devant plus d’une centaine de journalistes réunis au palais national, elle présente directement les grandes lignes de sa politique, répond aux médias et cherche à imposer son agenda public sans passer uniquement par les canaux traditionnels classiques. Elle partage également chaque jour de courts extraits de cette conférence sur ses réseaux sociaux (8 millions d’abonnés).
Pourquoi c’est intéressant — Ce rituel médiatique est une vieille habitude des dirigeants populistes latino-américains qui ont voulu créer un canal de communication direct avec la population. Si la matinale quotidienne a été mise en place par son prédécesseur, Claudia Sheinbaum l’a adapté à son style : plus sérieux, plus scientifique et académique, plus direct, plus concis et thématisé. En résumé, c’est à la fois comme un outil de transparence, pour rendre des comptes, mais aussi un instrument de construction d’image pour la présidente mexicaine qui y apparaît accessible et à l’écoute, renforçant sa légitimité populaire.
→ Voir le Dessous des images d’Arte qui explique les coulisses du format
Un guide grincheux de musée qui fait un carton plein
En résumé — Depuis mai, le musée Kunstpalast de Düsseldorf fait appel à l’artiste Carl Brandi : il joue le rôle de Joseph Langelinck, un guide d’art grincheux qui vous propose des visites guidées… atypiques. Il n’hésite pas à dire tout haut ce qu’il pense — notamment sur tout ce qui ne va pas dans le musée — interpelle les visiteurs, les réprimande s’ils consultent leur téléphone, les entraîne à toute allure à travers les œuvres et ne mâche pas ses mots. Une visite guidée auto-qualifiée de « très désagréable » à la fois drôle et absurde… qui cartonne auprès du public et permet au musée d’afficher complet jusqu’au printemps prochain.
Pourquoi c’est intéressant — Pour avoir entièrement renversé les codes des traditionnelles visites de musées (calmes, paisibles, studieuses) pour au contraire proposer une version survoltée où vous courrez dans tous les sens et volontairement provoc’. En somme, une parodie du guide « expert » omniscient qui vous fait la leçon. Les visiteurs sont mis au défi, parfois moqués, et finissent par se sentir partie prenante d’un récit moins passif. Une bonne manière d’attirer des publics qui ne se sentent pas toujours à l’aise dans les codes classiques de la « haute culture », en misant sur l’humour, la surprise et l’irrévérence comme leviers d’adhésion.
→ Voir à quoi ressemble une visite avec ce « Grumpy Guide »
Des signaux de fumée pour parler propreté urbaine : la ville de Malmö gamifie le geste écolo
En résumé — Même si la Suède a l’un des taux de fumeurs quotidiens les plus bas d’Europe, Malmö - et en particulier ses quartiers de vie nocturne - restent fortement marquée par les déchets de mégots. Alors la ville a imaginé un monument de 3 m de haut dans ses rues : la « Smoke Signal Monument ». Le principe est simple : elle émet des anneaux de fumée chaque fois qu’un fumeur jette correctement son mégot dans la poubelle dédiée.
Pourquoi c’est intéressant — Avoir une installation urbaine qui « crache » soudainement de la fumée est bien vu : cela permet de capter facilement la curiosité des passants. On a ici une logique de nudge marketing : l’acte de jeter un mégot correctement devient socialement visible et récompensé, visuellement, pour gamifier un petit geste de civisme.
Les taxis gratuits pour faire redécouvrir la ville aux banlieusards
En résumé — En Nouvelle-Zélande, la ville d’Auckland a mis en place dans ses quartiers périphériques une flotte de taxis rétro qui offrent des trajets gratuits et à sens unique vers le centre-ville. Il suffit de les héler « à l’ancienne », sans appli, sans réservation pour atterrir dans un lieu mystère du centre (karaoké, scène d’impro, restaurant caché…). L’idée est de redynamiser le centre-ville, de simplifier l’accès (“zéro stress de parking, aucun plan à faire”) et de transformer un trajet banal en expérience en soi, avec une destination surprise.
Pourquoi c’est intéressant — Pour répondre à l’enjeu concret de la fréquentation en baisse du centre-ville en proposant une expérience à mi chemin entre une expérience et un service citoyen de transport. L’idée ? Supprimer toutes les frictions (réservation, application, stationnement) et ajouter un côté “destination mystère” pour faire redécouvrir la ville sous un autre angle, y compris pour des locaux.
Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres
En résumé — Swebus — le réseau de transports publics le plus ponctuel de Suède — a imaginé en 2013 une campagne rebondissant habilement sur les trains retardés ou annulés en hiver. Chaque minute de retard d’un train déclenchait une remise équivalente sur un billet de bus Swebus. Et si le train était annulé, le billet de bus devenait gratuit.
Pourquoi c’est intéressant — Parce qu’il est malin d’exploiter un dysfonctionnement (les retards de trains en hiver) pour proposer une solution compétitive (le bus). Le mécanisme utilisait en temps réel les données d’une API de l’administration suédoise des transports pour déclencher automatiquement les réductions. La compagnie aurait augmenté son chiffre d’affaires de plus de 6% pendant la campagne.
Le média qui a fait bondir son taux d’engagement de +664% grâce à une créatrice de contenus « en résidence »
En résumé — Un média de Memphis, aux États-Unis, a testé une nouvelle forme de partenariat éditorial : il fait appel à une créatrice de contenus locale, Amber Sherman, spécialisée dans les vidéos explicatives, qui réalise pour le média deux à trois vidéos par semaine, après validation des scripts et vidéos par la rédaction. Résultat ? 6 à 7 fois plus d’interaction sur les réseaux sociaux du média.
Pourquoi c’est intéressant — Le média s’est inspiré de l’initiative du magazine Mother Jones qui a intégré en 2022 un créateur de contenus populaire sur TikTok « en résidence », Garrison Hayes (550k abonnés). Malin pour tirer parti de la capacité de ces créateurs à maîtriser les nouveaux modes de narration en vidéo sur TikTok ou Instagram (et bien sûr de leur audience), tout en gardant le contrôle sur la ligne éditoriale. Je serais curieuse de voir une marque reprendre la mécanique.
→ Lire le retour d’expérience sur ce format de créateurs « en résidence »
Bonus — Connaissez-vous le microteatro ?
Eh bien moi, non. C’est Elisa Rummelhard, l’une des premières employées de My Little Paris, qui m’en a parlé pour la première fois. Elle l’a découvert elle-même lors d’un voyage à Buenos Aires. Le microteatro, c’est un format né en Espagne et popularisé en Amérique latine, sous forme de micro-oeuvres de théâtre présentées de manière intimiste devant un public restreint.
Pour ses 10 ans, My Little Paris avait repris l’idée avec dix pièces, de dix minutes, face à dix spectateurs. Le pitch ? Un immeuble parisien dans lequel les pièces sont transformées en théâtre de poche et où chaque pièce (salle à manger, cuisine, salle de bains…) devient le lieu d’une scénette de la vie parisienne (un dîner de famille, une discussion dans un taxi, une soirée entre potes, une dispute entre voisins…) jouée en boucle.
C’EST PEUT-ÊTRE UN DÉTAIL POUR VOUS MAIS...
🍦 One gelato a day keeps the doctor away — En Chine, la marque de running HOKA s’est associée à la gelateria Zhong Yao Tang, connue pour ses glaces à base d’herbes médicinales, pour un pop-up expérientiel à Shanghai et Chengdu. Les visiteurs courent, puis leur pouls est analysé par un médecin en médecine traditionnelle chinoise avant de recevoir leur glace personnalisée à base de plantes.
🧑🏻🦽 POV: tu es en fauteuil roulant — Deux créatives ont imaginé une publicité print publiée dans un quotidien irlandais pour qu’une personne qui n’a jamais été en situation de handicap voit le monde du point de vue d’une personne en fauteuil.
🚇 Un roman affiché dans un métro — Pour la sortie du nouveau tome de Millenium, Actes Sud a décidé de placarder l’intégralité des 400 pages sur les murs du métro parisien. Marrant sur le principe puisque, forcément, cela fait un coup de com’ et interpelle les passants. Mais, soyons honnêtes, personne ne va lire. Donc pourquoi ne pas avoir juste publié 1 ou 2 pages, en gros, ou même un résumé terminant sur un suspense pour happer le passant avec une intrigue ?
✏️ Oubliez les fiches de postes — Imaginez si vous mettiez autant de personnalité que le chef Valentin Raffaeli dans vos offres de job.
👩🏻🍳 Quand une cheffe explique son quotidien — En un carrousel et un looooong post, Laura Ait Si Amer nous dévoile la face immergée de l’iceberg et notamment les coulisses de l’organisation : comment on compose un menu, comment on gère les stocks… Ce qu’on aimerait davantage voir comme spontanéité dans la com de dirigeants et personnalités.
🍴 Split-screen — Une idée de format maligne pour un resto sur Instagram : un split-screen entre la préparation d’un plat en cuisine et sa dégustation en salle par le client.
🗞️ La lettre d’amour de Nike aux marathoniens — Au lendemain du marathon de New York, la marque a squatté pas moins de six pages (!) du New York Times avec la liste de tout ce que la course fait vivre d’émotions à celles et ceux qui ont relevé le défi : manque de sommeil, angoisses, crampes, marques de bronzage étranges, foules scandant votre nom, fierté, adrénaline, joie etc. L’art du timing et du ciblage.
📚 Un Goncourt des détenus — C’est une initiative imaginée il y a trois ans par le Centre national du livre et le ministère de la Justice pour encourager la lecture dans le milieu carcéral. et qui touche plus de 600 détenus. Pendant trois mois, ils doivent lire 16 romans et élire leur lauréat. « Lire c’est aussi une forme de survie. Ça vous sort des murs. ».
✏️ 49 pages, pas une de plus — C’est l’ambition (et le nom) de cette nouvelle maison d’édition fondée par Pierre Poligone, prof à la Sorbonne et cofondateur de Zone Critique, spécialisée sur les formats courts, pour redonner envie de lire. Chaque ouvrage comptera 49 pages exactement — 48 de texte et une carte postale en guise de signature.
🇺🇸 La com’ pol’ de Zohran Mamdani — Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur l’élection du nouveau maire de NYC (et on en avait parlé aussi dans cette newsletter), donc je me contenterai de vous renvoyer vers ce numéro du Dessous des images d’Arte qui décrypte son clip de campagne et cet article de Graphéine sur l’impact du design.
🎯 Le faux Uber Eats — Comment se faire référencer chez Monoprix quand on est une marque de boissons ? Le cofondateur de Buddy s’est fait passer pour un livreur Uber Eats… pour pouvoir livrer sa boisson directement sur le bureau de l’acheteuse (et merci à Diane Fastrez qui l’a repéré!).
👋 Se vendre avant de pouvoir vendre aux marques — C’est l’idée de ce directeur artistique qui est allé placarder sa campagne d’auto-promo devant les agences de com’.
📝 Reveal de titre — Comment annoncer de manière originale la sortie de son prochain livre ? Il suffit parfois d’un carrousel et deux photos. J’ai pouffé.
🫖 Des fictions sur des tickets de caisse — La chaîne de thé chinoise Mixue a transformé ses tickets de caisse… en série romanesque. On y suit la mascotte de la chaîne, un bonhomme de neige, qui voyage dans le temps jusqu’à la Chine antique pour vendre des lattes. Ce qui était une opé ponctuelle à l’origine… a créé un véritable engouement, avec des clients qui ont commencé à collectionner les chapitres et lancer des appels pour trouver les bouts manquants.
✨ Les soirées Apollinaire — Imaginez une soirée poétique dans un café mythique où les poètes montent sur les tables comme dans le Cercle des poètes disparus pour déclamer leur poème, où le public se mêle aux artistes… C’est le 2 décembre, aux Deux Magots.
🙈 En Chine, les influenceurs devront désormais prouver leurs qualifications avant de parler de médecine, de droit, de finance ou d’éducation — … et ce n’est peut-être pas totalement une mauvaise idée.
C’est tout pour aujourd’hui ! On se donne rendez-vous mardi 2 décembre pour le prochain numéro !
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J'ai adoré ce numéro, merci Kéliane !
La seule newsletter que je lis systématiquement! Merci pour ce superbe travail!